jeudi 16 janvier 2025

Ajaccio (5)

Le chemin des crêtes depuis le Bois des Anglais…

L'appellation du bois des anglais remonte au milieu du 19e siècle, avec à l'origine la visite d'une jeune écossaise - Miss Thomasina Mary Anne Elisa Campbell - qui fut saisie par le charme de l'île de Beauté qu'elle a traversé du sud au nord durant l'année 1868. Un voyage pittoresque qui la mena à rédiger un ouvrage édité en 1872 à l'imprimerie Pompeani à Ajaccio, et intitulé : Notes sur l'île de Corse en 1868 : dédiées à ceux qui recherche de la santé et du plaisir, qui favorisa grandement le tourisme anglo-saxons sur l'île.

Le bois des Anglais marque le passage entre urbanisme et nature, comme disait le paysagiste britannique Edward Lear en 1868, voilà une chose qui n'a pas changé depuis 1 siècle et demi, le sentier des crêtes qui démarre au bois des anglais est accessible par le biais d'un petit parking 2 rues au dessus de la place d'Austerlitz.

Le sentier de terre légère est facilement praticable, parfois étroit pour passer à deux, il est bordé d'arbousiers, chênes verts, oliviers et d'arbustes du maquis comme le ciste de Montpellier, ou des figuiers de barbarie. C'est un chemin de randonnée très exposé au soleil avec quelques ombrages sous les arbres et parfois de petits ruisseaux.


Les Îles Sanguinaires et la pointe de La Parata

Destination incontournable depuis Ajaccio…

On peut déjà les apercevoir depuis le chemin de crête (photo 1)

et nous y sommes retournés plusieurs fois facilement,

il suffit de prendre le bus (Muvistrada) 5 depuis la place De Gaulle

et d'attendre le coucher de soleil avant de revenir en ville…

Le chemin de la corniche depuis la tour Parata

La tour de la Parata est l’une des 90 tours génoises de Corse construites

 au 15e et 16e siècle pour protéger le littoral des incursions des pirates

barbaresques. Le chemin emprunte d'abord un sillon de verdure creusé à

travers un épais molleton de lentisques couchés par le vent, où les plants

de salsepareille (feuilles en cœur) ont largement tissé leur toile.

 

Une fois la butte contournée, on discerne tout au fond le Capo di Feno et

encore plus loin la plage Saint-Antoine… On se retourne pour apercevoir

au sud la pointe de la Parata, avec sa tour prolongée par l'archipel des

Sanguinaires et ses quatre îlots déchiquetés.

Les couchants à la pointe de La Parata

Au coucher de soleil, ces îles (en fait des îlots) de porphyre qui prolongent la presqu'île de la Parata prennent des reflets rougeâtres, surtout la mer et le ciel car les îles elles-mêmes ne sont ensoleillées lesoir qu'un ou deux mois en hiver ! Quelle chance ! Superbe spectacle que nous avons renouvelé plusieurs fois !

 

Le phare des Sanguinaires

Cette nuit je n’ai pas pu dormir. Le mistral était en colère, et les éclats de sa grande voix m’ont tenu éveillé jusqu’au matin. Balançant lourdement ses ailes mutilées qui sifflaient à la bise comme les agrès d’un navire, tout le moulin craquait. Des tuiles s’envolaient de sa toiture en déroute. Au loin, les pins serrés dont la colline est couverte s’agitaient et bruissaient dans l’ombre. On se serait cru en pleine mer…


Cela m’a rappelé tout à fait mes belles insomnies d’il y a trois ans, quand j’habitais le phare des Sanguinaires, là-bas, sur la côte corse, à l’entrée du golfe d’Ajaccio.

Encore un joli coin que j’avais trouvé là pour rêver et pour être seul.

Figurez-vous une île rougeâtre et d’aspect farouche ; le phare à une pointe, à l’autre une vieille tour génoise où, de mon temps, logeait un aigle. En bas, au bord de l’eau, un lazaret en ruine, envahi de partout par les herbes ; puis, des ravins, des maquis, de grandes roches, quelques chèvres sauvages, de petits chevaux corses gambadant la crinière au vent ; enfin là-haut, tout en haut, dans un tourbillon d’oiseaux de mer, la maison du phare, avec sa plate-forme en maçonnerie blanche, où les gardiens se promènent de long en large, la porte verte en ogive, la petite tour de fonte, et au-dessus la grosse lanterne à facettes qui flambe au soleil et fait de la lumière même pendant le jour… Voilà l’île des Sanguinaires, comme je l’ai revue cette nuit, en entendant ronfler mes pins. C’était dans cette île enchantée qu’avant d’avoir un moulin j’allais m’enfermer quelquefois, lorsque j’avais besoin de grand air et de solitude.

Alphonse Daudet Lettres de mon moulin

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