Givre
lait de l’ombre que lapent
au revers des talus
les bises de janvier
Larmes de nuit mal essorée
défroque d’ange abandonnée
Voile fragile, fard précaire
bleuissant les joues de l’hiver
Givre
tu brodes de fougères
le front pâle des douairières
qui s’appuie contre le carreau
Arielle
Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.
Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.
Guy de Maupassant


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