dimanche 20 mars 2022

Printemps des poètes

 

 

L'Éphémère

Il en va des mots comme des chansons d’amour qui reviennent par surprise au détour d’une voix, d’un souvenir, d’une émotion. « J’ai pris la main d’une éphémère… » dansait dans ma mémoire. Sans que je sache qui le premier, de Montand ou Ferré, avait semé ce trouble de l’étrangère en moi. Adolescents nous ne comprenions pas tout à cette romance des années folles, ni même à ce poème que l’on disait roman inachevé, mais pressentions ce mystère de « l’éternelle poésie » qu’Aragon dilapidait sans crier gare.

 

Une seule et unique voyelle, quatre fois invoquée, entre la fièvre, le murmure, la foudre, l’imaginaire, l’insaisissable, l’à-venir, l’impensé, le maternel, le fugace, la soif, l’énigme, le précaire, l’effervescence, le friable, l’envol, l’impermanence… 


Plus vaste que l’antique Carpe Diem et plus vital aussi, L’éphémère n’est pas qu’un adjectif de peu d’espoir. C’est un surcroît d’urgence, de chance et de vérité. Une prise de conscience toute personnelle et cependant universelle, comme un quatrain d’Omar Khayyam, un haïku d’hiver, un coquelicot soudain, une falaise à soi, un solstice d’été, un arbre déraciné ou la vingtaine de numéros d’une revue de poètes du siècle dernier.


Il est temps, il est temps de sonder à nouveau
 L’é—phé—mère. De ne pas attendre à demain. De questionner ici et maintenant la part la plus fragile, la plus secrète, la plus inouïe de nos existences.

 

Sophie Nauleau

 

Seul l’éphémère dure… Eugène Ionesco 

 

Je suis un convalescent du Moment… Fernando Pessoa 

         

Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie… Ronsard

                   

 Aimer, par tous ses sens l’éphémère… Jean-Bertrand Pontalis

 

Notre place au soleil est toujours éphémère… Claire Marin


La politique c’est éphémère mais une équation est éternelle… Albert Einstein


Cuisiner, c’est donner de l’importance et du goût à l’éphémère…  Yves Moatty

 


jeudi 17 mars 2022

Un dimanche dans les marais…


 

 

Du côté de Saint-Froult

Il suffit de franchir la Charente

par le fameux Transbordeur,

de contourner Moëze avec son clocher et sa croix Hosannière,

de repérer la maison en bois toute neuve,

où Isabelle, parée de fleurs, nous accueille

dans la lumière déjà chaude d'un hiver fatigué…


Au bord de l'océan

 

Une dame mystérieuse, au grand cœur
Pour un temps, pose ses lourds bagages
Loin de la  grande ville et de ses rumeurs
De la folie humaine et de tous ses ravages

 

Le soleil n’est encore qu’un point à l’horizon
Que déjà elle se promène au bord de l’eau
Elle respire les embruns, s’imprègne de la chanson
Des vagues qui se meurent et renaissent aussitôt

 

À la tombée du jour, elle marche sur les dunes
Profitant du spectacle magique du coucher du soleil
Quand les étoiles au firmament s’allument une à une
Elle s’en retourne heureuse, elle sait la lune veille !


 

 

Jonquille, acrostiche

 

J...aune comme le soleil la jonquille.
O...n la voit un peu partout dans les rocailles et parterres.
N…arcisse l’appelle-t-on parfois.
Q...ue tu es magnifique dans tes dentelles !
U...ne mini trompette se cache dans tes pétales.
I…mpossible d’imaginer le printemps sans ta présence.
L…égère et délicate, tu te balances au vent
L…aissant derrière ce déhanchement tant de grâce
E…t d’essences subtiles, toi la jonquille…


Guy Rancourt


samedi 12 mars 2022

24e Printemps des poètes

 

 L'Éphémère…

Il en va des mots comme des chansons d’amour qui reviennent par surprise au détour d’une voix, d’un souvenir, d’une émotion. « J’ai pris la main d’une éphémère… » dansait dans ma mémoire. Sans que je sache qui le premier, de Montand ou Ferré, avait semé ce trouble de l’étrangère en moi. Adolescents nous ne comprenions pas tout à cette romance des années folles, ni même à ce poème que l’on disait roman inachevé, mais pressentions ce mystère de « l’éternelle poésie » qu’Aragon dilapidait sans crier gare.

Une seule et unique voyelle, quatre fois invoquée, entre la fièvre, le murmure, la foudre, l’imaginaire, l’insaisissable, l’à-venir, l’impensé, le maternel, le fugace, la soif, l’énigme, le précaire, l’effervescence, le friable, l’envol, l’impermanence… 
Plus vaste que l’antique Carpe Diem et plus vital aussi, L’éphémère n’est pas qu’un adjectif de peu d’espoir. C’est un surcroît d’urgence, de chance et de vérité. Une prise de conscience toute personnelle et cependant universelle, comme un quatrain d’Omar Khayyam, un haïku d’hiver, un coquelicot soudain, une falaise à soi, un solstice d’été, un arbre déraciné ou la vingtaine de numéros d’une revue de poètes du siècle dernier.


Il est temps de sonder à nouveau L’éphémère. De ne pas attendre à demain. De questionner ici et maintenant la part la plus fragile, la plus secrète, la plus inouïe de nos existences.

 

Sophie Nauleau

vendredi 11 mars 2022

Bêtise de la guerre

Bêtise de la guerre

 

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
À quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l’animal,
Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

 

Victor Hugo


https://www.telerama.fr/debats-reportages/l-ukraine-a-la-une-de-telerama-des-lithographies-de-gerard-garouste-en-vente-au-benefice-de-la-croix-rouge-7009159.php

jeudi 10 mars 2022

« Seul l’éphémère dure… » Eugène Ionesco



En attendant le Printemps des Poètes…

La mer
à la robe bruissante de bleu
pose l’émeraude de son regard
sur le carrosse d’or éphémère 
qui nous attend
passants lumineux
pour un voyage insouciant
dans la saison
où la royauté
privilège du mystère
est maintenant une couronne solaire
posée
sur nos vies humbles

Kamal Zerdoumi

mercredi 2 mars 2022

L'Ukraine agressée : la guerre au cœur de l'Europe !


Ivan Pidkova


Il fut un temps, en Ukraine,

Où les canons grondaient ;

Il fut un temps où les Zaporogues

Savaient régner.

Ils régnaient et gagnaient

Leur gloire et leur liberté ;

Cela est passé, seules sont restées

Des tombes dans la plaine.

Hautes sont les tombes

Où sombrèrent dans le repos

Les corps blancs des Cosaques,

Drapés dans une toile écarlate.

Hautes sont ces tombes,

Noires, semblables aux montagnes,

Qui conversent à voix basse, dans la plaine,

De la liberté avec les vents.

Ces témoins de la gloire des ancêtres

Discutent avec le vent,

Tandis que leur descendant porte sa faux

dans la rosée,

En reprenant leur chant.

Il fut un temps, en Ukraine,

Où le malheur dansait,

Le chagrin s’enivrait à la taverne

D’hydromel par seaux entiers.

Il fut un temps où il faisait bon vivre

En cette Ukraine…

Souvenons-nous-en ! Notre cœur, peut-être,

Connaîtra un répit.


Taras Chevtchenko


Taras Hryhorovytch Chevtchenko, surnommé Kobzar, né le 25 février 1814 à Moryntsi, gouvernement de Kiev, et mort le 26 février 1861 à Saint-Pétersbourg, est un poète, peintre et humaniste ukrainien. Il est considéré comme le plus grand poète romantique de langue ukrainienne.

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