jeudi 28 janvier 2021

Moi, bougon ?




« Moi, bougon ?

          Ça ne me définit pas du tout !


Je n'ai pas peur de la mort

          puisque je serai le dernier au courant.


Ce sont les autres qui diront : 

          "T'as vu, Bacri est mort."

                     Moi, je m'en fous,

                              je ne serai plus là.


Je ne pourrai pas partager

                     leur tristesse. »


Jean-Pierre Bacri (1951-2021)

dimanche 17 janvier 2021

Le soleil de Maria et l'Azur noir

Séjour à Nîmes et partages avec Maria

          lecture dans le train, lecture près des arènes

                     et c'est Rimbaud qui m'accompagne

                               grâce à Alain Blottière et son Azur noir

« Il vit Rimbaud retirer sa veste et la tenir à l'épaule, prendre la rue de


Strasbourg puis s'engager dans le boulevard de Magenta vers le nord. Cette fois, il 


lui semblait certainement que Paris déjà lui appartenait et qu'il n'allait plus jamais 


en repartir. Verlaine avait été empêché, devait-il penser, et l'attendait chez lui. Il


lui avait donné son adresse, rue Nicolet à Montmartre, tout près de la gare.»



Léo vient d'emménager avec sa mère à Montmartre, à l'endroit même où


Verlaine et Rimbaud se sont rencontrés et aimés cent cinquante ans plus tôt.


Durant un été caniculaire de « fin du monde», alors qu'il croit devenir aveugle,


le garçon voit renaître le Paris des deux poètes et en fait son ultime refuge.



Avec Azur Noir, Alain Blottière poursuit sa série de portraits d'adolescents 


confrontés à la violence du monde, commentée avec Le tombeau de Tomny.

Crépuscule


J'ai embrassé le crépuscule d'hiver ce soir là. Rien — ou presque rien —


ne bougeait au fond du palais. Les ombres ne quittaient pas la route plantée…


J'ai marché sur le pavé froid réveillant le toréador figé dans le plomb :


les pierres des arènes me regardèrent, les voiles du musée vide frémirent…


Alors je levai une à une les traces du jour en bout de course dans l'allée


en accélérant un peu le pas, les bras collés de frimas…


La grande ville, je fuyais parmi les déesses et les dômes, et, courant


comme un mendiant sur les marches d'un palais oublié


j'allais à la rencontre des étoiles, d'une lune à venir…


D'après Aube de Arthur Rimbaud

samedi 9 janvier 2021

Il est grand temps…


 Espérance d’une étoile

 

Une belle espérance est l’enfant de nos têtes

une étoile rouge sang nous couronne à jamais

la raison est au fond et le ciel est au faîte

de nos regards où nous dessinons chaque trait

 

C’est pourquoi de nos maux ce n’est pas le pire

ce ralenti n’est pas mortel et peut s’étoiler

demain, fleurir et nous sortir de nos bas délires

devenir plus grand qu’aucune âme ait jamais celé

 

Et nous portons en nous cette ardente espérance

comme le ver luisant tient son corps enflammé

au cœur de nos énergies elle palpite et danse

lumière comme au cœur du lys le pollen parfumé

 

D’après Tristesse d’une étoile de Guillaume Apollinaire

vendredi 1 janvier 2021

Deux concerts exceptionnels !

Le concert des oyseaux musique baroque: chant, théorbe, viole de gambe   Jérôme Chaboseau  :  Viole de gambe Pierre-Etienne Nataf  :  Théorb...